Vaccin contre la grippe : De l'eau et des youyous

influenza virusUne autre année, un autre échec.

Dans les hôpitaux du pays, des gens sont dans les soins intensifs, certains sous respirateurs artificiels prés de la mort, à cause des complications de l'influenza.

Certains d'entre eux, sinon le plupart, ont été vacciné contre la grippe cette année.

L'élément majeur dans cette intensification de l'épidémie est une variante du virus appelée Brisbane. Elle cause souvent des maladies sévères, et pour empirer la chose, le vaccin contre la grippe de cette année n'a pas protégé contre ce virus.

La raison derrière cette différence entre le vaccin et le virus qui circule vient de la complexité et difficulté incroyables de fabriquer un vaccin tous les ans un an à l'avance.

Plus art que science.

Un des plus grands défis dans la lutte contre la grippe est que le virus à la capacité de muter très rapidement. C'est pour cela que les fabricants de vaccins doivent à chaque fois produire un nouveau vaccin et que nous devons nous vacciner tous les ans.

Il n'y a aucun moyen fiable de prédire la sévérité d'une saison de la grippe et quelle variante du virus sera prédominante.

Chaque année, des scientifiques de l'Organisation Mondiale de la Santé et de la Food and Drug Administration américaine analysent des échantillons de virus collectés autour du monde et essaient de déterminer quelles seront les variantes de virus qui domineront pendant la saison de la grippe de l'année qui suit.

Cela prend une grande partie de l'année pour produire le vaccin en quantité suffisante et seulement trois variantes du virus peuvent y être inclues. Identifier ces trois variantes un an à l'avance relève plus de l'art que de la science.

Et ce n'est pas fini. Les experts ne peuvent choisir que des variantes qui se multiplieront bien dans les œufs où le vaccin sera produit et générer les anticorps qui seront ensuite injectés dans des furets (les animaux de laboratoire qui sont utilisés pour tester l'influenza humaine).

C'est un véritable jeu de hasard et on est surpris que ces experts arrivent à trouver des vaccins qui soient de quelconque utilité.

Ces prédictions sont encore plus faussées par une population mondiale en croissance et un transport aérien international en plein boom qui facilitent à n'importe quelle variante du virus apparue n'importe où de faire le tour du monde en temps record.

Encore pire, il y a la menace d'une pandémie, une apparition de la grippe aviaire ou d'une autre variante du virus tellement différente de ce qui a existé avant, contre laquelle personne n'est immunisé.

Comment ça marche :

Les vaccins créent une immunité en exposant le système immunitaire de la personne à des versions mortes ou inactives du virus contre lequel on veut la protéger. Comme la grippe est causée par des virus multiples, plus de 200 ont été recensé à ce jour, et que ces virus sont en constante mutation, un nouveau vaccin doit être crée chaque année.

En Janvier, la FDA analyse les données de sa surveillance mondiale des maladies et choisit trois variantes du virus de l'influenza qui seront les plus susceptibles de créer des problèmes l'année suivante.

A la mi-Février, l'OMS fait de même, et en Mars, la FDA finalise ses recommandations.

D'Avril à Mai, la FDA combine les trois variantes choisies avec une variante qui ne nuit pas à l'Homme et les injecte dans des œufs de poules fertilisés.

Au cours des semaines suivantes, ce mélange évolue en une variante inoffensive qui, une fois injectée, déclenchera le système immunitaire de la personne afin de créer les anticorps adéquats pour combattre toutes les variantes inclues.

En Juin ou Juillet, la FDA commence à tester la pureté et l'efficacité du vaccin.

En Août, le procédé de mise en flacon commence.

Et en fin Septembre, la FDA distribue cette graine de virus aux compagnies pharmaceutiques dans le monde entier.

Ces compagnies, tel que Sanofi Pasteur, GlaxoSmithKline ou Roche, utilisent aussi des œufs fertilisés pour reproduire le virus.

Quand assez de virus a été crée, les œufs sont ouverts et le virus est récolté du blanc de ces œufs. L'étape finale avant la mise en flacon est la neutralisation par traitement chimique pour s'assurer de la mort de tout le contenu viral.

Pari perdu

Le vaccin de la grippe n'a été effectif que dans 35% des cas cette année.

En effet, des trois variantes choisies en 2007 pour le virus de cette année, deux variantes du Type A de la famille de l'influenza et une variante du Type B, la variante du Type B s'est avérée différente du virus Type B apparu cette saison. Et une des variantes du Type A du vaccin a été impuissante face au Type A H3N2/Brisbane qui a causé la grande majorité des grippes cette année. C'est cette même variante qui est responsable de la plupart des fatalités ces dernières années.

C'est donc sans surprise que l'OMS a décidé de prendre la décision inhabituelle de baser le vaccin de l'année prochaine sur des variantes complètement différentes que cette année. La FDA a confirmé qu'elle fera la même chose.

Les variantes H3N2 sont traitées avec du Tamiflu et autres anti-viraux, mais le H1N1 est beaucoup plus résistant. De tous les échantillons testés cette année, 4.6 % ont résisté à tous les médicaments anti-viraux. C'est une augmentation de 1% par rapport à l'année dernière. C'est une augmentation conséquente qui inquiète, à juste titre, les experts.

En plus de cela s'ajoute le rapport d'études démontrant que le vaccin contre la grippe n'a aucun effet sur les personnes âgées de plus de 75 ans.
Cette catégorie qui représente la majorité des fatalités dûes aux conséquences de la grippe est sans aucune défense.

 

La grippe : Ce qu’il faut savoir

Il est important de noter qu’une personne infectée est contagieuse avant que n’apparaissent les symptômes et jusqu’à 7 jours après la disparition de ses symptômes.

La grippe se propage facilement, entre autres par les microgouttelettes contaminées qui sont libérées dans l'air lorsqu'on tousse ou qu'on éternue. Le virus peut aussi se transmettre par la salive. Puisque le virus peut se retrouver rapidement sur le visage et les mains d’une personne grippée, les baisers et les poignées de main aux personnes malades sont à éviter. Il en va de même des objets personnels du malade (brosse à dents, jouets d’enfants, etc.).

Des complications potentiellement mortelles peuvent survenir si la grippe se double d’une autre infection bactérienne, une pneumonie par exemple, ou si elle survient tandis qu’une personne souffre déjà d’une bronchite ou de l'asthme. Les individus à la santé plus fragile comme les personnes âgées et celles qui ont une maladie pulmonaire sont plus à risque de complications.

La grippe (ou influenza) est une maladie causée par un virus qui s'attaque au système respiratoire. Elle se répercute sur tout l'organisme. Elle peut empêcher une personne de mener ses activités pendant plusieurs jours.

Ce type de virus change de forme constamment.
C’est pourquoi on peut attraper une nouvelle grippe chaque année. Les vaccins doivent être renouvelés pour s’adapter aux nouveaux virus.

La saison de la grippe s’étend des mois de novembre à avril.

Il existe trois types de virus de la grippe, dont chacun regroupe plusieurs souches :

  • Type A. C'est le plus dangereux. Il a provoqué plusieurs pandémies meurtrières - comme la célèbre grippe espagnole de 1918, qui a tué plus de 20 millions de personnes. Le type A se transforme en très peu de temps, ce qui le rend d'autant plus difficile à combattre. En effet, l’organisme doit se refaire des défenses chaque fois. Le virus de type A cause une pandémie environ trois ou quatre fois par siècle. Puisque la dernière pandémie a eu lieu en 1968, la prochaine devrait être imminente. La souche H5N1, qui a déclenché une épidémie chez les animaux (épizootie) à Hong Kong en 1997 et qui cause des morts humaines depuis 2003, pourrait être à l’origine de cette future pandémie.
  • Type B. Le plus souvent, ses manifestations sont moins graves. Il n'entraîne que des épidémies localisées. Ce type de grippe est moins sujet aux mutations que le type A.
  • Type C. Les symptômes qu’il provoque s'apparentent à ceux d'un rhume banal. Ce type de grippe est moins sujet aux mutations que le type A.

Tous peuvent contracter la grippe. Certaines personnes, dont l’immunité est plus faible, sont plus à risque.

  • Les très jeunes enfants, surtout ceux qui vont à la maternelle, à la garderie ou à la crèche.
  • Les personnes âgées, c'est dans ce groupe qu'on retrouve 80 % à 90 % des décès causés par la grippe.
  • Les travailleurs du milieu de la santé, en raison des contacts fréquents avec les groupes à risque.
  • Les femmes enceintes, à partir du quatrième mois de grossesse.
  • Les personnes qui ont une maladie chronique, comme le sida, un problème aux reins ou au foie, un trouble cardiovasculaire ou pulmonaire, de l’anémie grave ou le diabète.
  • Les personnes qui suivent un traitement qui affaiblit l'immunité : médicaments immunosuppresseurs, chimiothérapie, transplantation, antibiotiques.
  • Avoir un système immunitaire fragile en général, causé par la malnutrition, un stress chronique, une fatigue persistante, le froid ou une combinaison de ces facteurs.
  • Fréquenter souvent les lieux publics durant les périodes d'épidémie (marchés, cafés, transports en commun, toilettes publiques, etc.). Une personne grippée peut contaminer presque 80 000 personnes par jour !
  • Voyager en train, en car ou en avion.

Mesures de base en période d'épidémie

  • Se laver les mains souvent et éviter de toucher ses yeux, sa bouche ou son nez, qui sont des portes d'entrée du virus.
  • Éviter de se trouver trop prés d’une personne infectée afin d’éviter la contagion. En effet, le virus voyage par les microgouttelettes projetées dans l'air par les éternuements et la toux. Il faut donc se protéger en conséquence. Si l'on est infecté, mettre sa main devant sa bouche lorsqu'on tousse ou encore mieux, tousser dans le creux de son coude.
  • Moins fréquenter les lieux publics durant les périodes d'épidémie.
  • Se faire vacciner si on est une personne à risque ou si on est exposé à des facteurs de risque.
  • Se rappeler que les personnes grippées demeurent contagieuses jusqu’à une semaine après la disparition des symptômes.

Durant la saison de la grippe, presque toutes les personnes sont exposées au virus, mais seulement certaines attrapent la grippe. Cela dépend de la réponse immunitaire de chacun. Le système immunitaire peut être renforcé grâce à certaines mesures.
- Avoir une saine alimentation.
- Réduire sa consommation de sucre, de caféine et d'alcool.
- Faire de l'exercice régulièrement.
- Dormir suffisamment.
- Gérer son stress efficacement (en réduisant systématiquement les facteurs de stress, en pratiquant la relaxation, en équilibrant le travail et les loisirs, etc.).

Le vaccin contre la grippe ne protège pas contre le rhume, ni contre la grippe aviaire.

 

Foire aux questions :


Pourquoi la grippe n’apparaît qu’en hiver ?

Les virus de l’influenza sont abrités par une couche graisseuse qui durci et les protège quand les températures sont basses. C’est une explication du fait que la grippe n’apparaît qu’en hiver. Cette couche qui ressemble à du beurre fond dans l’arbre respiratoire de l’hôte, permettant au virus d’infecter les cellules car ce n’est que dans sa phase liquide que le virus peut pénétrer les cellules. Si cette couche fond à cause de haute température alors que le virus est en dehors d’un hôte humain ou animal, le virus meurt.

Cette nouvelle découverte a donné un peu d’espoir quant à des nouvelles manières de combattre ces virus.

Qui doit se faire vacciner ?

Le vaccin est recommandé à toute personne qui voudrait diminuer ses chances d’éviter les conséquences de la grippe et à toute personne vulnérable aux complications de ces virus. Ces groupes à haut risque incluent les enfants de 6 mois à 5 ans, les diabétiques, ceux qui ont des formes sévères d’anémie et des maladies chroniques du cœur, poumons ou reins, et les asthmatiques. Les vaccins sont aussi conseillés pour les femmes enceintes qui seront dans leur 2éme ou 3éme trimestre pendant la saison de la grippe.

Qui ne doit pas se faire vacciner ?

Toute personne ayant eu une réaction allergique au vaccin par le passé devrait s’abstenir.

De même, les personnes ayant des allergies aux œufs ne devraient pas se faire vacciner car le vaccin a été cultivé dans des œufs de poules.

Le vaccin ne doit pas être administré à des personnes fébriles souffrant de maladies sévères.

Quels sont les effets secondaires ?

Le vaccin ne cause des effets secondaires que dans très peu de cas.

Moins d’un tiers des personnes vaccinés se plaignent de douleur à l’endroit d’injection, et à peu prés 5 à 10 pourcent ont des maux de tête ou faible fièvre pendant les 24 heures après la vaccination.

Il faut rappeler qu’il est impossible d’attraper la grippe en se faisant vacciner, puisque le vaccin ne contient aucun virus vivant.

Combien de fois doit-on se faire vacciner ?

Le vaccin doit être inoculé tous les ans car le virus de la grippe est différent chaque année. En plus, les anticorps produits par la personne vacciné déclinent avec le temps.

La protection dure environ six mois.

Si on a été vacciné au cours des mois précédents, il est possible d'attraper une grippe. En effet, même si l'efficacité d'un vaccin dure normalement six mois, certaines souches du virus peuvent se transformer rapidement et « déjouer » le vaccin.

Quel est le meilleur moment pour se faire vacciner ?

Le meilleur moment pour le vaccin est de Septembre à la mi-Novembre.

Même si vous ratez cette fenêtre, il n’est toujours pas trop tard pour se faire vacciner.

Le vaccin contre la grippe commence à être efficace deux semaines après la vaccination.

Au Maroc, la saison de la grippe est de Novembre jusque Avril mais la plupart des cas sont entre Décembre et début Mars.