Il était une fois la basse saison
Partir quand les autres rentrent de vacances, voilà une vraie bonne idée. De nombreux avantages attendent les privilégiés : voyages en soldes, plages désertes, routes vides…
Adieu, juillet et août, bonjour les vacances ! Les vacanciers malins ont tout intérêt à boucler leurs valises quand les écoles ouvrent leurs portes, en pleine semaine ou pendant les fêtes religieuses.
Partir hors saison quand on en a le loisir présente des avantages certains. Ciel clément, calme et prix bradés. En basse saison, tour-opérateurs et compagnies aériennes cassent les prix, les réductions pouvant atteindre parfois 50 % et plus.
En effet, en ce moment où les taux d’occupation de tous les hôtels tombent en dessous de 50%, vous trouverez un manager à l’accueil tout sourire prêt à vous offrir le deal que vous lui proposerez. Fini la longue queue au buffet et un staff super stressé. L’ascenseur vous attendra toujours à l’étage, la piscine vous appartiendra et le soir, l’animateur du cabaret ne chantera que pour vous.
C’est aussi tout le monde autour des hôtels qui revoit ses prix et son attitude. Cela veut dire des prix de locations (voiture, quad, jet ski) presque symboliques et un personnel plus aimable. Les souks, villages et attractions naturelles qui normalement croulaient sous l’arrivage incessant de bus touristiques redeviennent des havres de paix et de bien-être où l’on vous invite volontiers à prendre le thé.
Mais tout ça c’est fini. La Vision 2010 est là.
Les principales destinations touristiques (Marrakech, Agadir et Essaouira) ont tout simplement arrêté d’appliquer les tarifs de basse saison pour la simple raison qu’il n’y avait plus de basse saison.
Dans 6 mois, Tanger et Fès rejoindront la liste des hors zone de couverture de votre budget. Puis ça sera Casablanca.
La véritable mobilisation créée par le défi lancé d’avoir 10 millions de touristes en 2010 a engendré un engouement sans précédent pour le produit Maroc. A tel point qu’aujourd’hui la demande est non seulement supérieure à l’offre mais elle est omniprésente, c'est-à-dire tous les jours de l’année.
Vous vous rappelez de Kounouz Biladi ?
Cette promotion grâce à laquelle les Marocains d’ici et d’ailleurs avaient bénéficié d’un abattement de plus de 50% sur l’hébergement. L’opération comprenait également des packages incluant la demi-pension. Cette opération avait été possible en négociant des prix de gros proches de ceux accordés aux Tour-opérateurs internationaux. En effet, conscients de l’effet positif d’une telle opération sur le tourisme national, certains TO nationaux n’avait pas hésité à acheter un nombre important de chambres auprès des hôteliers participants. Le principe était celui de l’allotement d’un contingent de chambres à des tarifs attractifs, que le TO commercialisera à des tarifs également attractifs puisqu’il gagne sur la quantité.
Cependant, la demande des TO étrangers est devenue tellement forte et leur offre si attrayante que les TO locaux ont de plus en plus de mal à rester compétitifs. Pour être clair, nous achetons nos chambres des TO locaux. Moins de chambres ils ont, plus nous les payerons cher.
Même ce fameux Kounouz Biladi, notre allié en son temps et arme secrète des agences, s’est enfui et on ne l’a plus revu depuis l’été dernier. Peu ont l’espoir de le voir revenir, l’Office du Tourisme ne fait pas parti de ces optimistes.
En plus de cela, même les hôtels encore en chantier ont déjà trouvé un TO pour leur assurer un remplissage à capacité.
Non, les choses ne sont pas prêtes de changer.
Que faire ? Trouver de nouvelles destinations nationales non encore exploitées.
Ces nouveaux Eden pour la plupart sont non seulement des destinations jalousement gardées par leurs habitués mais aussi des flash-back du Maroc des années 80 (infrastructure seulement). C’est le retour des longues heures sur des routes sinueuses aussi larges que la roue gauche de la voiture qui rappellent les vacances avec les parents. Et cela pour enfin arriver dans un de ces paradis perdus d’une beauté saisissante où les locaux vous accueillent avec réelle surprise (connaissez-vous Tafraout ?)
Mais pour ceux qui ne se font pas à l’idée de passer la moitié de leurs vacances sur la route, une seule alternative saute à l’esprit c’est l’international (45mn de route maximum vers l’aéroport le plus proche).
En effet, grâce à l’avènement des low cost, en comparaison avec les destinations étrangères, le prix de vacances au Maroc est devenu quasiment plus cher : une dizaine de jours aux Iles Baléares, notamment Mallorca ou Ibiza, coûte entre 11 000 et 13 000 Dh, transport aérien inclus, dans un hôtel 4****, en demi-pension et chambre double ; une semaine aux Iles Maldives est vendue aux environs de 11 000 Dh pour un hébergement dans un 4**** en chambre double, en BB, avec transport aérien et transferts ; une dizaine de jours aux Iles Canaries est commercialisée aux environs de 9 500 Dh, sur la base d’une chambre double en demi-pension incluant les frais de transport aérien.
La dernière alternative restante serait de rester à la maison et se payer le Panasonic HD 42 pouces qui n’arrête pas de vous regarder à chaque fois que vous allez à Marjane.
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